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Texte à méditer :   “En démocratie, on a le droit d'avoir tort.”      Claude PEPPER

Un peu de géographie locale

Partons dans le passé à la rencontre des habitants d’Uttwiller, de leurs métiers et de la géographie locale.

Une vue du village prise depuis le ciel à plus de 80 années d’écart témoigne de nombreuses d’évolutions. Le site internet Geoportail de l’IGN nous permet d’accéder à des prises de vue aériennes historiques.
L’image de notre village la plus ancienne date de 1955.

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Photo aérienne 1955

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Photo aérienne 2015-2019

Ce qui saute aux yeux est l’évolution de la végétation. La ceinture végétale formée de vergers excédait très largement les limites des zones urbanisées en particulier au sud et à l’est du territoire.
Les parcelles cultivées étaient très nombreuses à l’est, leur nombre important et leur étroitesse témoignent de la non mécanisation de l’agriculture. Le contraste de bandes est également indicateur d’une importante diversité de culture.
D’un point de vue de l’urbanisme, on remarquera que le village était très centré sur la grand-rue, la rue d’Ingwiller et un seul côté de la rue principale. Pas de lotissement, pas cimetière mais un véritable « Kirichhoft » (le cimetière actuel apparaît sur les clichés d’après-guerre), pas de chemin reliant la rue d’Ettendorf à la rue de Bouxwiller
Les rues du village ont également radicalement évolué au niveau de leur dénomination et de leur découpage (ceci permettra d’expliquer quelques aberrations de numérotation observables de nos jours) :

2022 1861
Rue principale  Cette rue aujourd’hui unique était coupée en deux.
La partie de la rue située à l’est du croisement grand-rue/rue principale/rue d’Ettendorf avait pour nom Moderweg (chemin de la Moder).
La partie située entre les 2 intersections avec stop était nommée Hintergass.
Rue d’Ingwiller
Place de l’église
Impasse de la bergerie
Elle était nommée très logiquement rue de l’église (Nord) d’un côté et rue Oberdorf de l’autre (Sud)
Chemin d’Ettendorf  Ce chemin qui mène plus directement à Kirrwiller qu’à Ettendorf s’appelait justement Kirrweillerweg. Pourquoi ce changement ? Existait-il une animosité entre Uttwiller et Kirrwiller ?
Place des sapins
Grand rue
Place de la liberté
Place du Tilleul 
Rue principale ! puisqu’elle regroupait le gros des habitations.

Mais qui habitait ces rues ?

Ce qui est paradoxal est que le bâti s’est étendu au fil des années et que les nombre d’habitants n’a fait que baisser.
La population a constamment oscillé entre 200 et 300 habitants de 1793 à 1936 avec un pic à 314 en 1821.
Depuis 1954 la population n’a plus dépassé le seuil des 200 et stagne entre 160 et 180 faisant de notre village l’un des moins peuplé du canton.

Faisons un focus sur les activités des habitants d’autrefois.

Là où aujourd’hui les professions sont très variées et impliquent quasi systématiquement des déplacements parfois à plusieurs dizaines de kilomètres, les métiers du XIXème siècle étaient beaucoup moins variés et induisaient une sédentarité totale. Sans surprise, le métier de cultivateur était très largement le plus représenté.
En 1836 on dénombrait pas moins de 28 foyers de cultivateurs dans le village. Il est intéressant de noter que le village comptait beaucoup de foyers de cultivateurs et peu de laboureurs et de journaliers.
En étudiant les recensements de la population on peut en déduire plusieurs caractéristiques concernant cette profession. Le village comptait beaucoup de petites exploitations certainement auto-subsistantes composées du chef de ménage, de sa femme, des enfants et des parents ou beaux-parents.
A l’opposée le village comptait moins d’une dizaine d’exploitations beaucoup plus conséquentes que l’on reconnaît dans les recensements par le nombre de domestiques employés. Très communément les exploitants respectables avaient au plus un ou deux domestiques logés dans les dépendances. Les fermes de grandes importances pouvaient employer de nombreuses aides.
En 1836, la ferme Vogler employait 5 domestiques. Ces grandes exploitations pouvaient regrouper au total jusqu’à une douzaine d’habitants. A cette époque les foyers étaient composés en moyenne de 5 à 6 personnes.
A côté des cultivateurs dont l’objectif était de subvenir aux besoins en nourriture, on trouvait les métiers qui permettaient de fournir des biens et services pour le quotidien des habitants.
D’abord un métier indispensable aux gens de la terre, le maréchal-ferrand. Uttwiller comptait une à deux familles de ce corps de métier dont la mission était bien évidement de ferrer les chevaux mais sachant que l’animal de trait le plus commun était la vache, la mission principale était celle de forgeron et donc de la confection d’outils en fer.
Deux tonneliers œuvraient également dans notre commune. L’usage de tonneaux était beaucoup plus répandu par le passé car au-delà de l’usage classique en vinification ou en stockage de boissons, l’emploi en tant que récipient de conservation de divers aliments était répandu. Sachant travailler le bois et le métal, le tonnelier pouvait intervenir dans la réalisation de menuiseries simples.
Dans les professions également très importantes dans un village mais réputées très précaires on trouvait les métiers des tissus et du cuir.
D’abord, les tisserands, au nombre de 5 foyers en 1841. Le village comptant un berger (nb : le berger disparaît dans les recensements de la deuxième moitié du 19ème, devenu peut être cultivateur ?) on peut supposer que les tisserands locaux traitaient la laine du village. N’oublions pas que les cultures de lin et de chanvre étaient communes et représentaient une source importante de matière première pour ces artisans.
Deux tailleurs avaient pour mission de travailler les tissus pour confectionner vêtements et linge de maison. Uttwiller comptait également un cordonnier.
Enfin un métier indispensable et respecté, celui d’instituteur était occupé par Nicolas Siegrist pendant plusieurs décennies certainement de son entrée en fonction à sa retraite. On le découvre instituteur à 29 ans dans le recensement de 1836 (notons les 6 enfants) et on le retrouve encore en 1861.

Autre curiosité, un tiers de la population était représenté par 3 trois noms de familles.
En 1841 on comptait 41 nommés Krieger, 38 Baltzer et 21 Robitzer, des noms pour certains encore présents.
Il faut également noter qu’autrefois les noms de famille se rattachaient souvent aux professions de leurs porteurs.
Ainsi les Schmitt d’Uttwiller étaient maréchal-ferrant de père en fils, les Weber étaient tisserands ou tailleurs.

Ce voyage dans le passé nous montre à quel point notre société et notre environnement ont changés au cours des dernières décennies.

François TREVISAN 


Date de création : 03/08/2022 @ 15:26
Catégorie : - Histoire, art et culture
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